Journée internationale de la bisexualité : le cul entre deux chaises…

Certains riront de ce jeu de mots… les autres, ceux qu’il ne fait pas rire du tout et qui en seront même fâchés, me le pardonneront volontiers lorsqu’ils en auront compris la raison.

C’est qu’être « bi » c’est être mal vu à la fois des uns et des autres.

De cet article de « 20 minutes » annonçant la Journée Internationale de la Bisexualité 2015 il ressort que le malaise des bisexuels vient à la fois du regard de ceux qui se placent dans la « normalité » et de celui des homosexuels.

D’un côté, celui des « normaux » ou qui se déclarent comme tels, on leur suppose une vie olé-olé, on les voit bien volages et polygames voire triolistes -avec tous les propos égrillards que cela engendre- ou on les soupçonne de céder à un effet de mode et donc d’être plus ou moins dans l’artifice, plus ou moins moutonniers et instables….

D’un autre côté, celui des homo -gay ou lesbiennes- on leur reproche…de ne pas assumer leur homosexualité…d’être en quelque sorte des traîtres à la cause…

Alors on pourrait se dire que rien ne les oblige à révéler leur bi-sexualité…et qu’ils peuvent tour à tour se présenter comme hétéro ou comme homo selon leur relation du moment et le contexte.

Mais cela se complique vis-à-vis des proches qui ne savent plus que penser quand on leur a présenté plusieurs élu(e)s : « Homosexuel, oui, ok, on peut accepter… mais « à voile et à vapeur »…alors là, tout de même…faudrait savoir!… Et puis ça veut dire que tu couches avec tout le monde et que tu as des aventures multiples? »

Ou même, tout simplement, un bête et amical mais peu anodin : « Bon, finalement, t’es quoi? »… comme s’il fallait être quelque chose pour être quelqu’un.

Et ça se complique aussi lorsqu’il s’agit, comme tout un chacun,  de parler un peu de sa vie passée à la personne qu’on aime : si elle est hétéro ou si elle est homo dans les deux cas le risque est grand de l’incompréhension et du rejet irréversible.

Cette intolérance venant de certains homo – là encore ne généralisons pas! – me fait me poser une question : les personnes qui souffrent socialement de leur différence sont-elles tolérantes à l’égard de celle des autres (et de la leur)? Ici réside sans doute une des clés de la souffrance : si je n’admets pas la différence des autres ni la mienne je vais sans doute croire qu’ils sont au moins aussi intolérants vis-à-vis de la mienne que moi vis-à-vis de la leur…ou de la mienne.

Changer son regard sur la différence des autres ne rayera pas l’intolérance effective (traduite en actes discriminatoires et en propos dégradants) de la surface de la Terre… mais diminuera considérablement sa vulnérabilité à l’intolérance ressentie (celle que l’on anticipe même si elle n’est pas exprimée ni même présente…)

On m’objectera que cette anticipation vient du fait que « chat échaudé craint l’eau froide » et qu’à force de faire l’objet de regard en biais -et aussi parce qu’on parle beaucoup des méfaits de l’intolérance- on se méfie de tout et c’est légitime d’être un peu parano. Oui, sans aucun doute…et ça ne coûte rien non plus de s’observer un peu soi-même pour vérifier qu’il n’y a pas un loup caché quelque part…

Et en cadeau, afin de se donner les moyens de ne pas rester idiot : le programme de cette journée! http://biplan.yagg.com/2015/09/06/la-journee-de-la-bisexualite-2015-le-programme/

http://www.20minutes.fr/-journee-internationale-bisexualite-donner-visibilite-effacer-honte

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